L’acquisition de 30 obusiers CAESAr
La Croatie veut acquérir 30 CAESAr et un système de défense aérienne SAMP/T
L’an passé, en marge du salon de l’armement aéroterrestre EuroSatory, le ministère croate de la Défense fit savoir qu’il avait l’intention de rejoindre le programme d’achats conjoints concernant le CAESAr [Camion équipé d’un système d’artillerie de 155 mm] après avoir signé un accord avec la direction du développement international de la Direction générale de l’armement [DGA].
Ce dispositif, éligible aux financements proposés par la Commission européenne [comme EDIRPA, pour European Defence Industry Reinforcement through common Procurement Act], consiste à mandater la DGA pour notifier des contrats non seulement pour l’armée de Terre mais aussi au nom des pays partenaires intéressés. L’Estonie, la Slovénie et le Portugal y ont adhéré et la Bulgarie envisage d’en faire autant.
Cela étant, Zagreb n’avait pas précisé le nombre de CAESAr susceptibles d’être commandés via ce programme d’achats conjoints. C’est désormais chose faite, après que le ministre croate de la Défense, Ivan Anušić, a rencontré son homologue français, Sébastien Lecornu, à Paris, le 25 mars.
« Nous prévoyons de signer un contrat pour l’acquisition de 30 obusiers CAESAr d’ici la fin de l’année », a en effet déclaré M. Anušić, dans un communiqué diffusé par ses services.
Ces CAESAr viendront épauler les 15 obusiers automoteurs [chenillés] PzH-2000 de conception allemande actuellement mis en œuvre par l’armée croate. À noter que celle-ci devrait prochainement disposer de 8 systèmes américains M142 HIMARS [High Mobility Artillery Rocket System] afin de renforcer sa capacité de frappe dans la profondeur.
Mais la Croatie n’entend pas s’arrêter là. Alors que les systèmes antiaériens MISTRAL 3 qu’elle a commandés en 2022 lui seront livrés d’ici la fin de l’année, elle envisage également de se procurer un système de défense aérienne SAMP/T NG [Sol Air Moyenne Portée / Terrestre], développé dans le cadre d’une coopération franco-italienne.
« Nous sommes également intéressés par l’acquisition d’un système de défense aérienne à moyenne portée, qui constitue notre prochaine priorité », a en effet affirmé M. Anušić, en évoquant la coopération capacitaire avec la France.
Enfin, il est aussi question de moderniser les 12 Rafale F3R d’occasion récemment reçus par la force aérienne croate, en les portant au standard F4.
« Les avions de combat Rafale acquièrent en permanence de nouvelles capacités. Leur modernisation est un processus qui garantit leur efficacité dans les années à venir. La France améliore également ses Rafale. Nous continuerons de suivre et de mettre en œuvre les dernières avancées technologiques », a expliqué le ministre croate.
Avec plusieurs fers au feu [achat de chars Leopard 2A8, de systèmes HIMARS, de blindés Patria AMV et d’hélicoptères UH-60M Black Hawk], la Croatie veut « donner du temps au temps », d’autant plus que son budget militaire est modeste, même si son montant a pratiquement doublé en dix ans [il était de 1,5 milliard d’euros l’an passé, ndlr].
Ces renforcements capacitaires seront « mis en œuvre de manière planifiée et systématique, sans précipitation inutile, mais en étant conscient de l’urgence et de l’importance du renforcement des capacités de défense », a fait valoir le ministère croate de la Défense.
« Tout le monde a besoin de tout, immédiatement, mais il n’y a aucune raison de paniquer. Nous menons ce processus de manière stratégique et responsable. Nous avons des objectifs clairs, nous préparons l’avenir et utilisons au mieux le temps qui nous est offert », a complété M. Anušić.
En tout cas, le plan « Readiness 2030 » [ex-ReArm Europe], élaboré par la Commission européenne afin de permettre aux pays membres de mobiliser un total de 800 milliards d’euros pour leur défense, via un prêt de 150 milliards, une dérogation à la règle des 3 % de deficit public et à une réorientation de certains fonds, devrait donner des marges de manœuvre financières à Zagreb.
« À la lumière du Plan ReArm Europe, la Croatie voit de nouvelles possibilités de coopération avec la France, notamment en matière d’approvisionnement conjoint », a en effet souligné M. Anušić.
Par Laurent Lagneau
Source : opex360.com, le 26 mars 2025.